L’épopée du Granma, ou le rempart de la défense nationale

Il y a tant de symbolisme dans cette aube mémorable où un débarquement hasardeux se transforma en une épopée d’audace juvénile, que l’histoire nous convoque, chaque année, à rappeler la date du 2 décembre 1956 comme l’une des références incontournables sur lesquelles se fonde l’épopée de la résistance du peuple cubain.


Comment ne pas frémir en suivant le chemin tortueux – à travers les mangroves, les marais et les épaisses étendues de racines et de troncs brisés – que les 82 membres de l’expédition du yacht Granma ont dû parcourir pendant deux heures avant d’atteindre la terre ferme, les pieds ensanglantés, des blessures sur le corps et la menace d’avions ennemis au-dessus de leur tête.
Comment ne pas s’étonner face à la volonté sans pareille de ces jeunes révolutionnaires qui, sous la conduite de Fidel, étaient déterminés à « être libres ou martyrs », car la Patrie outragée attendait avec impatience un autre cri de guerre qui rallumerait la flamme libératrice de Carlos Manuel de Céspedes, Antonio Maceo, Maximo Gomez, José Marti et Julio Antonio Mella.
Comment ne pas vénérer les héros de cet acte héroïque, qui trois jours seulement après le débarquement firent leur baptême du feu à Alegria de Pio, avec un bilan douloureux de trois hommes tombés au combat, la fracture de la colonne et la dispersion des révolutionnaires, dont certains furent victimes de la chasse à l’homme déclenchée par l’armée de Batista.
Mais ce revers ne briserait pas l’esprit combatif de ce groupe de rebelles naissants, dont la parole donnée était la promesse d’un avenir possible d’indépendance et de souveraineté pour Cuba.
Cinco Palmas le réaffirmera plus tard lors de ces retrouvailles inoubliables entre Fidel et Raul, marquée par la pleine conviction de la victoire, même si à ce moment-là ils n’étaient que huit hommes et ne possédaient que sept fusils. Le leader fit cette prédiction euphorique : « Maintenant, c’est sûr, nous avons gagné la guerre ! »
C’est ainsi que l’espoir du pays s’est peint en vert olive. C’est ainsi qu’est née l’Armée rebelle qui, deux ans plus tard, allait renverser la tyrannie et lancer des changements sociaux dans lesquels la défense nationale aurait une seule doctrine : la guerre de tout le peuple, avec les Forces armées révolutionnaires (FAR) dans la première tranchée.
Depuis lors, cette armée, née du peuple, a été un rempart indispensable pour la nation, non seulement dans la préparation combative du pays et dans le développement de missions internationalistes réussies, mais aussi dans l’impulsion de chaque étape de la Révolution dans laquelle ses contributions ont été requises.
C’est là que l’on trouve les hommes et les femmes en uniforme qui ont rejoint la bataille contre la COVID-19 ; ceux qui n’ont pas hésité à produire et à transporter de l’oxygène médical lorsque le pays en avait le plus besoin ; ceux qui n’ont pas hésité à faire face à l’incendie de la base de superpétroliers à Matanzas ou ceux qui sont récemment allés aider au redressement d’une province frappée par la force d’un ouragan comme Ian.
L’héritage altruiste et émancipateur des membres de l’expédition qui débarquèrent du yacht Granma, il y a 66 ans aujourd’hui, est implicite dans cette œuvre immense de la FAR.

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