Le Code est simplement ce que nous sommes, le Code, c’est aussi Cuba

Tout d’abord, je voudrais vous remercier infiniment d’avoir été présents cet après-midi au Palais de la Révolution pour partager des idées et des expériences, à partir de la position aussi sincère et aussi intime avec laquelle vous vous êtes exprimés, et je crois que cela contribuera aussi beaucoup à la réflexion des personnes qui auront pu apprécier la discussion et le débat que nous avons eu aujourd’hui.

Il faut dire que vous nous avez raconté, en partant de vécus, d’histoires de vie vraiment sensibles et émouvantes, les raisons pour lesquelles ce code est important pour nous tous. En m’appuyant sur vos propres expériences, sur vos propres récits, je peux aussi ratifier mes convictions, celles que j’ai sur cette Loi, et aussi les partager avec notre peuple en participant à cette rencontre.

Je pense que nous devons nous pencher sur la façon dont le Code des familles est né : il est né non seulement à partir du Droit, mais aussi du peuple comme une nécessité sociale : notre société avait changé, nous avions reconnu une hétérogénéité dans notre société et nous avions besoin d’un Code qui soit en phase avec cette hétérogénéité.

Lorsque l’on analyse le Code dans ses vingt-cinq versions, écrites, révisées et approuvées par des spécialistes de toutes les disciplines liées au Droit des familles, il s’agit d’une norme conçue et créée par l’ensemble de la société cubaine, car elle a émergé de l’expérience quotidienne des familles cubaines pendant des décennies, d’affaires traitées dans les cabinets d’avocats et les tribunaux, de plaintes et de procès, de consultations médicales et de débats scientifiques, ainsi que des pratiques et des expériences qui ont également été examinées à Cuba et à l’extérieur du pays.

Il n’y a pas un seul article du Code qui n’ait pas un fondement dans la vie réelle, parce que le Code est tout simplement ce que nous sommes. Le Code, c’est aussi Cuba et il nous a apporté un apprentissage, il nous a appris à être moins égoïstes et à penser davantage en tant que société, à être plus inclusifs, à travailler, autant que nous le pouvons, sur les sentiments de reconnaissance de nos semblables, de nos compatriotes.

Je tiens à remercier une fois de plus toutes les personnes qui ont travaillé à son élaboration et à son amélioration, celles qui en font la promotion et le défendent avec des arguments solides, celles qui nous ont montré, dans cet exercice magistral d’éducation sur le Droit familial, la belle diversité qui s’est forgée dans cette nation au fil des années, y compris au fil des siècles. Il y a aussi une analyse historique de ce qu’est la société cubaine.

Le Code a des valeurs, le Code met à jour et perfectionne les institutions juridiques et familiales, la parenté, l’obligation alimentaire, le mariage, l’union de fait, la filiation quelle que soit son origine, les relations parentales, la tutelle et la protection et l’autonomie progressive. Il s’agit d’une œuvre monumentale pour la quantité de savoirs et d’expériences qui la composent et pour sa merveilleuse singularité. Elle a fait de l’amour une loi, elle a aussi fait de l’affect une loi, et en cela elle nous rappelle un précepte martinien. Marti a dit : « Que l’amour soit la mode. Que l’on dénonce celui qui n’aime pas, afin que la douleur le convertisse ». Et je crois que c’est ce que nous allons réaliser avec ce Code.

Il nous faut reconnaître également que, dans cette diversité, il existe des personnes de doctrine et de foi qui défendent à juste titre leur conception. La seule chose que je leur suggérerais, c’est de réfléchir à nouveau, car malheureusement ils n’ont pas réussi à comprendre que le Code ne nie pas leurs droits ; ce que fait le Code, c’est de protéger le type de famille qu’ils défendent, mais aussi d’autres types de famille qui existent, et ici nous avons eu des témoins de toute cette diversité.

Le Code n’impose pas, le Code n’oblige pas, le Code ne décrète pas qu’un type de famille en particulier doit exister, il reconnaît toutes celles qui existent inspirées par l’amour et d’autres sentiments humains. Par conséquent, nier l’existence d’autres types de familles est un acte d’exclusion qui nie l’inclusion présente dans ce Code, et je crois que cette exclusion nous porte préjudice et nous fait reculer.

Il convient de se poser la question : pourquoi le Code maintenant ? Eh bien, nier son contenu reviendrait à nier les droits fondamentaux de millions de Cubains ; ce serait rester figés au 20e siècle, alors que nous vivons déjà dans la troisième décennie du 21e siècle, si bien que le OUI, ce doit être maintenant et non plus tard, car plus tard, ce pourrait être trop tard : les gens vieillissent et c’est le temps pour eux de faire leurs projets de vie et de famille et il serait alors inconséquent de les retarder, alors que nous sommes parvenus à des évaluations humanistes telles que celles qui ont été envisagées tout au long de ce processus démocratique.

Par ailleurs, la génération qui naît aujourd’hui et celles à venir ont le droit de naître sous des lois avancées en phase avec leur époque. Demain, ils ne comprendraient pas pourquoi nous ne l’avons pas fait à ce moment-là, comme tant de personnes au cours de ces mois – et il y a ici des histoires que vous avez racontées – nous ont dit, à travers de douloureuses expériences et des histoires de vie marquées par la souffrance et l’incompréhension, qu’elles auraient souhaité que tout soit décidé plus tôt et qu’elles attendent ces décisions après que nous aurons approuvé le Code.

C’est un code d’unité, l’unité qui est le talisman et l’assurance de la nation cubaine et qui n’a pas été possible dans notre histoire jusqu’à ce que nous comprenions que pour avoir l’unité, il nous fallait reconnaître la diversité, et c’est un principe que nous avons également promu pour soutenir l’unité dans Notre Amérique. Par conséquent, soutenir le Code, c’est miser sur l’unité dans la diversité.

Et le vote Oui, je pense que ce doit être un vote d’affirmation, d’approbation, de confirmation, de progrès, de développement, de victoire, d’avenir, parce que le Code des familles soulève avant tout, comme l’a dit le champion [le boxeur Julio Cesar La Cruz], le respect de l’être humain, le respect de toutes et de tous. En lui, nous reconnaissons et nous acceptons les différences qui existent déjà dans notre société, c’est tout simplement rationnel, c’est réaliste ; il donne les garanties qui nous permettent de former une famille, de jouir d’une vie familiale sans discrimination ni violence ; il nous donne la possibilité d’être heureux, le droit d’exister et aussi d’être reconnu, de grandir dans un environnement de bonheur, d’amour et de compréhension.

Il propose la pleine égalité entre les femmes et les hommes, le plein développement des droits sexuels et reproductifs ; il protège aussi bien la maternité que la paternité ; il promeut le développement responsable ; il garantit l’égalité de la filiation, le respect du libre droit de la personnalité, de la vie privée, du projet de vie personnel et familial de son choix, et reconnaît le droit aux soins. Je pense qu’avec ce Code, c’est une autre catégorie que nous portons à un niveau supérieur.

Il protège les personnes et les familles en situation de vulnérabilité, ainsi que les personnes handicapées.

On peut honnêtement être en désaccord sur un ou plusieurs articles du Code, mais ce serait une erreur de nier l’ensemble du Code pour cette raison ; ce serait ignorer le fait que cette divergence existe précisément du fait de la grande diversité des intérêts des questions que l’ensemble de cette norme aborde. Par conséquent, pour moi, il est contradictoire d’apprécier d’un côté les nombreuses contributions du Code au droit de la famille et, en même temps, pour un aspect en particulier, de nier le Code et de nier toute sa transcendance.

Il y a quelques jours, quelqu’un disait qu’il était essentiel de se mettre dans la peau de l’autre, d’écouter et d’essayer de ressentir ce que ressentent les autres, ceux qui ont souffert et auxquels est destiné ce Code : à l’enfant sans foyer, aux personnes âgées sur lesquelles on ne compte pas pour prendre des décisions les plus importantes au sein du foyer qu’elles ont fondé autrefois ; au couple sans descendance naturelle, à la personne qui a une orientation sexuelle vers une personne de même sexe, à la famille formée par amour qui, à cause des conventions et des préjugés, est obligée de cacher cet amour.

Il s’agit d’un code fondé sur l’amour et les liens affectifs qui protège tous et toutes et met en évidence la solidarité des Cubains au-delà de l’égoïsme et de l’exclusion.

Par conséquent, j’appelle, comme l’a dit Leonardo [Leonardo Pérez, président de la Société cubaine de Droit civil et familial), à le lire et à l’interpréter avec le cœur, à voter avec le cœur, à voter pour Cuba. Et je suis persuadé que le 25 septembre, nous les Cubains, libres, souverains et maîtres de notre destin choisi, nous exercerons notre droit de vote.

Voter Oui, c’est dire Oui à l’unité, à la Révolution, au socialisme, et c’est dire OUI à Cuba !

Je vous suis reconnaissant pour cette rencontre qui nous fait aussi grandir dans nos convictions.

Merci infiniment à vous tous.

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