Essais cliniques du vaccin Soberana 2 à La Havane

Nous étions en mars 2020 et la COVID-19 commençait à peine à menacer la vie de nos concitoyens, lorsque nos scientifiques, à la demande des dirigeants du pays, ont misé sur leur potentiel humain et scientifique avéré pour se lancer dans la mise au point, en ne comptant que sur leurs propres ressources, d’un vaccin contre la pandémie, ce qui devrait permettre d’immuniser toute la population dans les plus brefs délais, sans dépendre d’un autre pays.

Avec détermination, engagement et de longues heures de travail, en dépit du siège économique des États-Unis contre l’Île, ils ont relevé le défi, et c’est ainsi que cinq mois plus tard, le premier candidat-vaccin cubain contre le SARS-COV-2 était enregistré : Soberana 01, conçu par l’Institut Finlay des vaccins (IFV).

Aujourd’hui, huit mois après cette première grande nouvelle, il existe désormais cinq candidats-vaccins (dont Soberana 01), cent pour cent cubains, qui sont à différentes phases d’essais cliniques chez les humains : Soberana 01, Soberana 02 et Soberana Plus, de l’IFV, et Abdala (CIGB-66) et Mambisa (CIGB-669), du Centre de génie génétique et de biotechnologie.

Actuellement, Cuba est confrontée à la pire situation épidémiologique depuis le début de la pandémie, ce qui nous oblige à respecter strictement les mesures de biosécurité et de distanciation sociale. Puis, cette année, toute la population cubaine sera vaccinée avec les immunogènes mis au point avec dévouement par notre personnel scientifique.

Alors que la première étape de l’étude d’intervention contrôlée avec le candidat vaccin Soberana 02 se déroulait auprès du personnel de santé de La Havane, une équipe de Granma s’est rendue dans trois établissements de santé de la capitale sélectionnés pour en savoir plus sur ce processus vital : l’hôpital universitaire clinique et chirurgical Joaquin Albarran et l’hôpital universitaire de gynécologie et d’obstétrique América Arias, situés dans la municipalité Place de la Révolution, ainsi que l’hôpital universitaire clinique et chirurgical Salvador Allende, dans la municipalité El Cerro.

L’IMPORTANCE DE LA VACCINATION

Quelque 1 350 travailleurs de l’hôpital Joaquin Albarran, de l’Institut de néphrologie Abelardo Cruz Lopez et de l’Institut de médecine légale ont accepté de participer à l’étude d’intervention avec Soberana 02, dont première étape à l’hôpital Joaquín Albarran est achevée.

Sur place, le Dr Jhomy Manuel Bravo Fleitas, spécialiste en soins intensifs et en médecine d’urgence de l’hôpital, s’adressant au personnel de santé pour lui expliquer les détails de la vaccination, a déclaré non sans fierté :

« Nous contribuons à la recherche dans notre pays. Être assis ici revêt une grande signification. Non seulement parce que moi, en tant que volontaire, je vais recevoir un vaccin. J’apporte également une contribution à mon pays, en fournissant mes données en tant que sujet d’un essai clinique, afin que nous puissions conclure cette étude et certifier ce vaccin. »

Le médecin a précisé aux personnes présentes qu’il s’agissait d’un essai clinique, car Soberana 02 n’est pas encore certifié, et qu’il s’agissait d’une intervention « pour tester l’efficacité du vaccin et, si le vaccin est bon – comme tous les vaccins conçus à Cuba – au final, notre personnel ne tombera pas malade avec les formes graves de coronavirus ».

L’un des volontaires, le Dr Bravo Fleitas, a déclaré qu’il avait « une grande confiance dans les vaccins cubains », un sentiment partagé par Anabel Ibarra, diplômée en laboratoire clinique de l’Institut de néphrologie, qui a attendu une heure en observation après avoir été inoculée.

« Je viens d’être vaccinée. Je n’ai aucune réaction, je me sens parfaitement bien et je suis reconnaissante à la Révolution de m’avoir donné l’occasion de participer à cet essai.

« Pour moi, il est très important de participer à cet événement qui se déroule dans notre pays, car nous collaborons au progrès de notre science », a-t-elle signalé.

Pour sa part, Elizabeth Ayala Avila, également spécialiste de laboratoire clinique à l’Institut de néphrologie, a reconnu les progrès de la médecine cubaine : « Créer notre propre vaccin en si peu de temps est quelque chose de merveilleux, quelque chose que très peu de pays dans le monde réalisent. C’est le résultat de notre Révolution, qui place l’être humain au centre, ainsi que la sécurité et la protection de notre peuple.

Elle a exhorté la population cubaine à avoir confiance et à se faire vacciner quand ce sera son tour, afin de couper la route au virus mortel.

NE PAS BAISSER LA GARDE

Au milieu de l’agitation qui précédait le bon déroulement de l’application des premières doses de Soberana 02 à plus de 1 876 travailleurs de l’hôpital Salvador Allende, consacré aux soins des patients positifs à la COVID-19 dans la capitale, le Dr José Fernandez Montequin, spécialiste de second degré en angiologie et chirurgie vasculaire, et pionnier de l’application de l’Heberprot-P à Cuba, a souligné que l’Île « possède une vaste expérience, déjà prouvée, dans la fabrication de médicaments efficaces, utilisés dans de nombreux pays comme l’Heberprot-P à Cuba, qui est aujourd’hui appliqué dans plus de 25 nations et a contribué à réduire de manière significative les amputations dues aux ulcères du pied diabétique.

Pour le Dr Montequin, face à la situation complexe de la pandémie dans le monde, le fait que notre pays dispose de cinq candidats vaccins ne fait que confirmer la vision avant-gardiste de notre commandant en chef Fidel Castro Ruz, qui fut le promoteur de la création de tant d’institutions pour l’innovation scientifique.

Il a reconnu les avantages de compter sur un Système de santé comme le nôtre, qui travaille en coordination avec tous les centres de production de ces candidats-vaccins, en recherchant, en priorité, le bien-être social de tous les Cubains.

À propos de la dernière phase des essais cliniques de Soberana 02, le spécialiste a indiqué qu’il a reçu la première dose du vaccin, tout en signalant la nécessité pour nos compatriotes de ne pas baisser la garde, de maintenir les mesures hygiéniques et sanitaires, même après avoir reçu le vaccin, car la bataille n’est pas gagnée.

PROTÉGER LES PLUS VULNÉRABLES

Alors que se déroulait le troisième jour de l’administration des premières doses de Soberana 02, dans le cadre de l’étude d’intervention à l’hôpital gynécologique et obstétrique América Arias, sa directrice, la Dr Damarys Alvarez Zapata, a fait une pause dans ses tâches de supervision du processus pour expliquer qu’ils avaient été choisis pour faire partie de l’intervention parce qu’il s’agit d’un hôpital maternel, où les dangers d’une possible transmission de la COVID-19 sont accrus par la présence de femmes enceintes, ou ayant accouché récemment et de nouveau-nés.

La directrice a également indiqué qu’à ce jour, seuls huit travailleurs internes avaient été déclarés positifs à la maladie, dont aucun n’avait été le résultat d’une transmission institutionnelle, grâce aux mesures strictes de biosécurité adoptées et à l’isolement rapide des contacts, actions extrêmement nécessaires en ces mois où l’incidence du virus, en âge pédiatrique et chez les femmes enceintes, a dangereusement augmenté.

Tout en offrant des détails sur la préparation et la formation préalable à l’étude, elle s’est félicitée de la grande disposition du collectif du centre de faire partie de l’essai clinique avec le candidat vaccin, lequel a totalisé plus de 540 travailleurs entre le personnel de santé interne et les membres des brigades de construction et des services d’état civil.

L’infirmière Yusmila Martinez, qui nous a déclaré qu’elle était venue pour recevoir la première dose avant d’être appelée à participer à l’étude, est la preuve de cette volonté.

« Nous sommes conscients de l’importance de se faire vacciner, avant tout pour nous-mêmes, pour protéger les patients vulnérables de l’hôpital et leurs familles, car nous contribuons à prévenir la propagation de l’épidémie », a-t-elle déclaré.

PRENDRE SOIN DE SOI EST L’OPTION LA PLUS EFFICACE

Au cours des premières semaines de ce mois, toutes les municipalités de La Havane feront partie de l’étude d’intervention auprès de la population avec les candidats-vaccins Soberana 02 et Abdala, qui devrait inclure environ 1 700 000 habitants de la capitale, alors que le 1er mai dernier s’est conclue l’application de la troisième et dernière dose correspondant à la phase III de l’essai clinique avec Abdala, en cours de réalisation depuis le 22 mars dans les provinces de Granma, Santiago de Cuba et Guantanamo.

Les efforts du gouvernement et de l’État, qui n’ont ménagé aucun moyen pour enrayer la pandémie, et de nos concitoyens ont été énormes. Toutefois, le meilleur moyen de contrôler et de réduire l’impact de la COVID-19 sur nos lieux de travail, nos écoles et nos communautés est de respecter strictement les mesures de protection et de prévention de base, telles que l’utilisation du masque, la distanciation physique et la désinfection des mains et des surfaces.

Comme l’ont souligné les spécialistes et les autorités sanitaires, le fait d’être vacciné, même avec toutes les doses, ne garantit pas l’immunité contre le virus, car les candidats-vaccins sont encore en phase de démonstration de leur efficacité et il faudrait atteindre un pourcentage élevé de la population inoculée.

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