De la prévention à la fécondation in vitro

60% des femmes qui subissent une insémination ou d’autres procédures parviennent à une grossesse. Photo: Dunia Alvarez

La Havane, 11 janvier – LA procréation est l’un des actes les plus instinctifs qui soient. À Cuba, les couples qui ont des difficultés à concevoir un enfant peuvent tenter la gestation, assistés par des professionnels hautement qualifiés et avec la garantie d’un équipement technologique de premier niveau ; le tout dans le respect des principes de base de notre médecine : humaine et gratuite.

Depuis 2012, dans le but de contribuer à l’augmentation de la natalité dans le pays et de répondre aux Orientations de la politique économique et sociale du Parti concernant le contexte démographique, le ministère de la Santé publique (Minsap) a entrepris de construire puis de développer un réseau de services de prise en charge du couple infertile.

Aujourd’hui, ce réseau dispose d’une couverture nationale, qui offre aux couples identifiés l’accès aux centres territoriaux et provinciaux, a informé la Commission de Santé et Sport de l’Assemblée nationale.

Selon le Dr Roberto Alvarez Fumero, chef du Département de la maternité et de l’enfance du Minsap, le projet a une approche préventive, l’infertilité ne pouvant être résolue par le seul traitement : « Aucun système de santé ne gère le problème de la natalité seulement à travers un programme de prise en charge du couple infertile, il faut prévenir la stérilité », dit-il.

« Nous comptons sur un dispositif très large dès la prise en charge primaire, avec des actions de promotion et d’éducation en matière de santé et de sexualité, des dépistages et des recherches actives des couples ayant des difficultés en matière de reproduction. Ainsi, nous avons consolidé un dispositif de 168 consultations municipales de prise en charge du couple infertile.

« Pour les couples, ces consultations sont la porte d’entrée dans le système, où il nous faut résoudre environ 60% de leurs problèmes de procréation. Ces consultations sont réalisées par des équipes de travail composées de médecins, de spécialistes en obstétrique et en gynécologie, des infirmières, des psychologues et des techniciens de laboratoire avec une formation à la pratique du spermogramme, un examen indispensable à ce niveau. »

Une équipe professionnelle pluridisciplinaire fournit aux couples des informations et des conseils. Selon Alvarez Fumero, lors des consultations primaires, ils reçoivent des informations sur le processus d’ovulation, le cycle menstruel et d’autres questions élémentaires qui comblent des lacunes dans les connaissances des personnes prises en charge.

« Nous leur apprenons également à gérer leur stress, nous assurons le suivi du cycle d’ovulation à partir de l’échographie. Les principales causes de l’infertilité sont diagnostiquées et traitées, en particulier les maladies infectieuses chez les hommes. Nous évaluons la santé mentale et le risque reproductif préconceptionnel », signale-t-il.

LA PROCRÉATION ASSISTÉE

« Dans un deuxième temps, nous avons mis en place environ 15 services provinciaux de procréation assistée, qui accueillent les couples référés par les centres de soins primaires et où l’on procède au diagnostic des causes, principalement tubaires (qui affecte les trompes de la femme), et où l’on traite également le facteur de stérilité masculine non sévère.

« Ces interventions sont réalisées à partir de techniques mini-invasives : chirurgies paroscopiques, hystéroscopies, hystérosalpingographie et échographie hautement spécialisées. Les inséminations artificielles ont permis le plus grand nombre de grossesses. Nous opérons également la varicocèle pour corriger la stérilité masculine », poursuit-il

Le pays dispose de quatre centres de procréation assistée dotés de haute technologie – un dans l’est, un dans le centre et deux à La Havane, l’année prochaine il est prévu d’en ajouter deux – qui devraient accueillir 10% des couples.

Selon le médecin, c’est dans ces centres que la demande est la plus forte à l’heure actuelle, car le programme a été développé il y a une dizaine d’années et les couples ont vieilli depuis le diagnostic de leur infertilité, du fait qu’il n’y avait aucune solution. Ces centres de haute technologie traitent principalement les causes hormonales, les échecs de l’insémination et les facteurs masculins graves.

Au fil du temps, ils ont développé un ensemble de techniques spécifiques : ils ont commencé par la fécondation in vitro conventionnelle. « Puis, nous avons introduit une variante, qui est la fécondation in vitro intracytoplasmique (FIV ICSI) : des cas dans lesquels les hommes présentent des troubles dans le nombre et la viabilité des spermatozoïdes. On pratique donc une injection directe, à l’aide d’un spermatozoïde dans l’ovocyte,

« Puis nous avons développé le don d’ovules, c’est-à-dire la fécondation in vitro avec des ovules donnés par de jeunes couples pour les femmes qui ont une insuffisance ovarienne ou qui ont vieilli. Nous pratiquons également la biopsie testiculaire pour diagnostiquer et traiter l’infertilité masculine. Récemment, nous avons mis en place la cryoconservation des ovocytes et des embryons dans deux des centres. Par ailleurs, nous disposons de tout le matériel nécessaire pour mettre en place un service de don de sperme. Nous sommes dans la phase de recherche de donneurs, afin que Cuba puisse compter sur une banque de sperme comme alternative très sûre pour les couples dont l’homme souffre de stérilité sévère », précise Alvarez Fumero.

LE DROIT À LA REPRODUCTION

Bien que l’infertilité ne soit pas une pathologie telle que l’hypertension, elle est cependant enregistrée dans le dossier médical. Les cabinets médicaux ont détecté 102 234 cas, à partir de couples ayant des relations sexuelles fréquentes durant un an sans que la femme ne soit enceinte.

Il y a une marge de distorsion, a expliqué le médecin, car certains couples sont infertiles et ne l’ont pas signalé, ou ils sont infertiles et ne veulent pas être pris en charge. Or, l’objectif est de les accueillir, de leur offrir la possibilité de faire appel au réseau de services et de les suivre pour qu’ils viennent en bénéficier, et résoudre ainsi leur droit fondamental à la reproduction.

Les services provinciaux de procréation assistée sont les plus efficaces : 60 % des femmes qui subissent une insémination ou d’autres interventions déjà expliquées réussissent à devenir enceintes.

Le ministre de la Santé, José Angel Portal Miranda, a déclaré aux députés que même s’il s’agit d’une question stratégique pour le pays, parce qu’elle traite de la dynamique démographique et de la natalité à Cuba, le plus important est à quel point cette question est sensible pour les couples et les familles qui sont concernés.

« Quant aux mesures d’organisation, je pense que nous avons beaucoup de réserves organisationnelles. Nous devons transmettre de la sécurité aux couples, qu’ils se sentent en confiance dans la résolution de leurs problèmes aux niveaux primaire et provincial. L’autre question clé est la prévention des problèmes de fertilité, car dans la mesure où les couples sont au courant, nous aurons moins de cas à traiter », a-t-il dit.

Le ministère a donné la priorité, d’un point de vue organisationnel et budgétaire, à ce projet, dont la technologie est extrêmement coûteuse et devient très rapidement obsolète, a-t-il ajouté.

Néanmoins, bien que le nombre de grossesses augmente dans les centres territoriaux, il convient d’augmenter l’efficacité, car certaines difficultés apparaissent telles que :

– Il y a des réserves dans l’organisation et le flux des couples dans le réseau.

– Les délais pour la solution finale doivent être optimisés.

– L’efficacité des centres n’atteint pas les niveaux souhaités.

– ll faut consolider les techniques pour le facteur masculin sévère.

– Les actions de promotion visant à prévenir l’infertilité et à stimuler la reproduction à un âge optimal sont insuffisantes.

MESURES POUR RENFORCER LE RÉSEAU

– Augmentation de la fréquence des consultations municipales.

– Amélioration du système de rendez-vous depuis les municipalités vers les autres niveaux de soins.

– Développer un programme de perfectionnement continu du capital humain (158 professionnels travaillant dans les municipalités ont bénéficié de cours ; de formations nationales : 12 médecins en techniques d’insémination et chirurgie mini-invasive ; des formations dans des centres de référence internationaux : 8 biologistes et 4 médecins en nouvelles techniques de reproduction assistée de haute technologie).

– Il est prévu d’acquérir l’équipement qui permettra de moderniser la technologie dans les quatre centres territoriaux, ainsi que des pièces de rechange.

– La banque de sperme du centre hospitalier Hermanos Ameijeiras et la technique de vitrification embryonnaire de cet hôpital et l’hôpital Ramon Gonzalez Coro ont démarré.

– La recherche de donneurs de sperme a été mise en place.

EN CHIFFRES

80 250 couples font l’objet d’un suivi

47 162 ont été prise en charge pour la première fois en 2018

692 couples ont entamé le cycle de procréation assistée de haute technologie

+ 3 500 grossesses ont été obtenues 2018

Source: Granma International

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