Une barrière naturelle de protection côtière

La Havane, 11 juillet – Considérées comme les formations boisées qui embellissent le plus le paysage naturel, les mangroves occupent aujourd’hui 5,1% de la superficie totale de l’archipel cubain et sont les plus représentatives de la Caraïbe insulaire.

Elles sont localisés notamment dans les zones côtières d’origine biologique, accumulatives et marécageuses, et dans les estuaires côtiers. Elles abondent aussi dans les milieux salins, principalement dans les îlots et les îles de la plateforme, et présentent la particularité d’être la seule espèce végétale à vivre en contact avec la mer.

Des études menées pendant de longues années par la Dr Leda Menendez Carrera, chercheuse titulaire du Centre national de biodiversité de l’Institut d’écologie et de systématique du ministère de la Science, de la Technologie et de l’environnement (Citma), récemment décédée et qui était reconnue comme l’une des principales autorités en la matière à l’échelle régionale, ont permis de confirmer que les mangroves sont d’une importance vitale pour la biodiversité. Par exemple, elles abritent une faune abondante et variée. Elles constituent une nourricerie, un refuge idéal pour les poissons, les mollusques, les crustacées, des reptiles, les oiseaux et les mammifères

Par ailleurs, 80% des espèces marines dépendent des mangroves pour vivre et beaucoup de ces formations sont à la base de la chaîne alimentaire, non seulement des espèces vivant dans ces milieux mais d’autres venues d’endroits éloignés.

La présence de cette forêt est essentielle, car l’enchevêtrement des racines permet de filtrer et décanter une grande partie des sédiments et des substances polluantes véhiculées par les rivières. Elle atténue également l’impact des inondations en absorbant l’eau et constituent une réserve forestière précieuse et stratégique.

Les forêts de mangroves cubaines sont composées essentiellement de quatre espèces : le palétuvier rouge ou mangle-chandelle (Rhizophora mangle), le palétuvier noir des Antilles (Avicennia germinais), le palétuvier blanc (Laguncularia racemosa), et le palétuvier gris (Conocarpus erectus).

Ces espèces sont présentes sur plus de 50% des côtes cubaines, et notamment dans l’est du pays, surtout depuis le cap San Antonio jusqu’à Bahia Honda, sur le littoral nord, et de Cayo Francés à Bahia de Cochinos, sur le littoral sud.

Selon les évaluations réalisées par la Dr Leda menendez et le Dr José Manuel Guzman, ex-directeur du Centre national de biodiversité, près d’un tiers des mangroves cubaines ont subi des dégradations pour différentes causes attribuables à l’intervention humaine.

Parmi ces agressions figurent la pollution provoquée par les déversements de résiduels chimiques en provenance du secteur agricole, de l’élevage et des établissements humains, la diminution de l’apport de nutriments à l’écosystème en raison de l’endiguement des rivières et des canaux, l’interruption de la circulation de l’eau et la disparition des mangroves provoquée par la construction d’ouvrages artificiels, le déboisement et les variations de la ligne de côte.

On a également pu constater une croissance de mangroves de faible hauteur avec des troncs de petit diamètre en raison des modifications des régimes hydrologiques, responsables de la diminution de l’écoulement d’eau douce et, par conséquent, de l’apport de nutriments et d’énergie.

RENAISSANCE

Du fait de son caractère insulaire qui la rend vulnérable aux effets du changement climatique, la restauration des populations de mangroves est une priorité, car ces formations constituent un véritable agent de protection des côtes contre l’érosion provoquée par les vents, les vagues et la houle des tempêtes tropicales et autres phénomènes climatiques. La mangrove sert aussi de barrière naturelle contre l’augmentation graduelle du niveau moyen de la mer et l’intrusion saline vers les aquifères et les terres cultivables.

Ces écosystèmes forestiers peuvent stocker en moyenne cinq fois plus de carbone que les autres forêts tropicales et jouent un rôle important dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Parmi les actions visant à restaurer ces précieux écosystèmes figure le projet dénommé Manglar vivo, qui est appliqué depuis 2014 sur le littoral sud des provinces d’Artemisa et Mayabeque, qui avaient subi une dégradation assez importante, avec l’aide du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Les actions de reboisement de mangrove qui se multiplient ont pour but d’augmenter la capacité de résistance aux impacts du changement climatique des communautés et de contribuer aux stratégies de développement local, entre autres.

À noter que le palétuvier rouge est celui qui assure une plus grande protection. Reconnaissable à ses racines échasses entremêlées profondément enfoncées dans le sol et la vase, il constitue un efficace brise-lame contre les tempêtes et les ouragans venant du large, pour ne citer qu’un de ses avantages.

À Cuba, le programme de recherche et de préservation sur les mangroves est protégé par un corps de lois et de dispositions juridiques pour la gestion et le contrôle de l’écosystème, ainsi que sa réhabilitation.

Un pas crucial dans les efforts nationaux visant à encourager la croissance des populations de mangroves vient d’être franchi avec l’approbation au mois d’avril, par le Conseil des ministres, de la dénommée Tarea Vida : Plan d’État de lutte contre le changement climatique.

Ce programme compte 11 tâches, la cinquième visant à axer la reforestation sur une protection maximale des sols et des eaux, en quantité et en qualité, ainsi que sur la restauration des mangroves les plus dégradées.

Comme le souligne le document, il est prévu à court terme de planter 1 766 hectares de mangroves de protection dans la zone dite Dique Sud (Digue sud) et 1 290 autres sur le tronçon compris entre Surgidero de Batabano et Playa Tasajera, afin de protéger la zone côtière.

En essence, il s’agit sans aucun doute d’un pari sur l’avenir et sur le développement durable de la nation.

Source: Granma International

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