La santé jusque dans les lieux les plus isolés

La Havane, 4 juillet – Pour les jeunes médecins cubains, prêter leurs services dans des lieux montagneux isolés et d’accès difficiles fait partie des apprentissages essentiels de leur formation professionnelle. Après l’obtention de leur diplôme, ils doivent exercer durant un an dans des cabinets médicaux situés en zone rurale.

Granma International s’est entretenu avec plusieurs de ces médecins, qui tous se sont félicités de ce type de travail, en insistant sur son essence humaniste et de justice sociale, dont on peut constater les réussites concrètes dans la baisse du taux de mortalité infantile et maternelle, l’augmentation de l’espérance de vie et la diminution de la mortalité par maladies chroniques non transmissibles.

Pour réaliser des actions de prévention, la Dr Gisel Acosta Fonseca a été soutenue par les organisations de masse de la communauté. Photo: Nuria Barbosa Leon

La Dr Gisel Acosta Fonseca a travaillé dans la communauté de San Lorenzo, à 18 km de la municipalité Bartolomé Maso dans la province orientale de Granma, située sur l’une des hauteurs de la Sierra Maestra. Dans ce village vivent environ 1 600 personnes qui se consacrent notamment à la culture du café.

Elle a exercé dans un cabinet médical qui disposait des conditions pour prêter les premiers secours et réaliser les travaux de prévention et de promotion de la santé. Les principales maladies qu’elle a rencontrées dans la communauté ont été l’hypertension artérielle et le diabète, et elle avait pour responsabilité de mettre en œuvre les programmes nationaux pour diminuer l’incidence des maladies oncologiques, respiratoires, virales et bactériennes.

« Pour exécuter les divers protocoles sanitaires, nous nous sommes appuyés sur les organisations sociales de la communauté comme les Comités de Défense de la Révolution (CDR), la Fédération des femmes cubaines (FMC) et l’Association nationale des petits agriculteurs (ANAP).

« Nous nous occupions en même temps d’une école primaire et secondaire, au régime internat et semi-internat, où nous avions des entretiens avec les enfants et les adolescents sur des sujets concernant l’hygiène et l’alimentation pour rester en bonne santé », signale la Dr Acosta Fonseca.

Toutes les femmes enceintes recevaient plus des 12 consultations programmées, ainsi que les examens cliniques et radiologiques prévus. La docteure étaient chargée de préparer les jeunes mères aux soins du bébé en insistant sur l’allaitement maternel en tant que meilleure alimentation dans les premiers âges de la vie.

À l’approche de l’accouchement, indique-t-elle, ou si la femme présentait une grossesse à risque, elle était accueillie dans un foyer maternel de la municipalité afin de recevoir un suivi spécialisé par un gynécologue obstétricien.

Autre contrôle strict : le suivi médical des enfants dans leur première année de vie, avec des consultations mensuelles et la vaccination contre plus de 13 maladies. En cas d’urgence, l’enfant était pris en charge par le Système unique d’urgences médicales (SUUM)

« L’une des principales maladies à laquelle j’ai dû faire face fut un foyer de diarrhée aigüe, avec des patients dans un état grave. Grâce au soutien de la population et des autorités sanitaires du territoire, nous avons pu l’éliminer très rapidement, avant qu’il n’atteigne le stade d’épidémie », indique cette jeune professionnelle de la santé.

Dans le même temps, elle était chargée d’animer des conversations dans les espaces publics, sur des questions d’hygiène, et principalement le lavage des mains. « Pour faire face au foyer de maladie, des médicaments et des solutions hydratantes ont été envoyés d’urgence au cabinet médical. Sur le champ, nous avons été informés des mesures à prendre dans ce type de situation. »

Dr Luis Rogelio Proenza Reyes s’est formé à la médecine naturelle et traditionnelle avec les habitants de la communauté de Montero. Photo: Nuria Barbosa Leon

Quant au Dr Luis Rogelio Proenza Reyes, il dit avoir vécu une expérience semblable à Montero, un village proche de la municipalité de Niquero, dans cette même province. La production de sucre de canne est l’activité économique la plus importante et, ajoute-t-il, les villageois se distinguent pour leur amabilité, malgré leur attitude réservée.

« J’ai vécu dans le cabinet médical, près de la salle de consultation. Les maladies les plus fréquentes que j’ai eu à soigner étaient les parasites intestinaux, les maladies respiratoires et allergiques. Nous avons aussi eu en consultation des patients souffrant de maladies chroniques non transmissibles comme l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies cardio-vasculaires ».

Pour faire face à ce cadre clinique, il s’est appuyé sur des pédiatres, des obstétriciens, des cardiologues et autres spécialistes, qui venaient assurer des consultations au cabinet médical une fois par mois, mais en cas de problèmes graves et urgents, le patient était envoyé aux services de l’hôpital général municipal Gelasio Calañas, à Niquero, ou à l’hôpital provincial Celia Sanchez Manduley, à Manzanillo.

Et d’ajouter que son cabinet médical était doté de tout l’équipement nécessaire et des médicaments pour prendre en charge n’importe qu’elle urgence, que sa formation universitaire a été excellente pour assumer ses tâches, et qu’il a eu le soutien d’un spécialiste en médecine interne qui venait au cabinet de consultation.

Il a approfondi ses connaissances sur la médecine naturelle et traditionnelle. Cela m’a appris à être très sensible face aux problèmes des gens et à chercher des solutions rapides face aux difficultés matérielles. J’ai connu des personnes très modestes qui me manifestaient leur reconnaissance. Elles avaient souvent peur de venir au cabinet de consultation parce qu’elles ne savaient pas comment décrire leur douleur. Cette expérience nous a permis de créer des liens avec une population différente de la population urbaine, qui dans de nombreux cas nous fait découvrir une nouvelle forme de relation humaine.

Dr Reymi Castillo Gonzalez a conservé des amis à Guamo Viejo, dans la commune de Rio Cauto. Photo: Nuria Barbosa Leon

Quant à la Dr Reymi Castillo Gonzalez, elle a exercé dans la communauté de Guamo Viejo, dans la municipalité de Rio Cauto, dans la province de Granma, dont les paysans se consacraient à la culture du riz ou à la pêche à la crevette. Ce fut sa première visite dans ce village, alors qu’elle est née et a vécu à quelques kilomètres de là.

La docteure a signalé que les villageois l’ont accueillie avec une grande hospitalité. Elle s’est liée d’amitié, qu’elle maintient encore, avec certains patients. « J’ai dû prendre en charge le problème du vieillissement de la population, certaines personnes ayant dépassé les 60 ans. Il s’agissait de personnes très préoccupées par les soins de santé au niveau social, qui se souciaient des bonnes habitudes d’hygiène ».

Cette expérience en milieu rural s’est révélée très enrichissante, estime-t-elle, et elle la considère comme une étape importante de son apprentissage. La Dr Castillo Gonzalez est sur le point d’intégrer le programme de coopération médicale au Brésil Mais médicos (Davantage de médecins), lancé par le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff. Elle vient d’obtenir un diplôme de portugais et elle a terminé sa spécialité de médecine générale intégrale.

Leur compagnon d’études, YordanReiner Merladet Montero, a été nommé à La Habanica, un village montagneux aux chemins impraticables, mais qui disposait de l’électricité et du téléphone, et où un millier de paysans se consacrent à la culture du café, du tarot et autres cultures.

Le médecin précise que le cabinet médical disposait de tous les équipements pour soigner les urgences, ainsi que d’une bouteille d’oxygène. La salle de soins se trouvait dans une maison de deux chambres, avec salle de bains et cuisine, complètement aménagée.

Pour le jeune médecin Yordan Reinier Merladet Montero, avoir exercé en milieu rural fut une étape difficile, mais pleine d’enseignement pour sa formation professionnelle. Photo: Nuria Barbosa Leon

Il raconte que le jour de son arrivée, vers 23h, en pleine obscurité, il a reçu un patient blessé à la jambe. « Il se trouve qu’il était à cheval lorsqu’une grosse pierre lui est tombée dessus, lui entaillant gravement un orteil, alors que l’autre était en très mauvais état. Cette nuit-là, il n’y avait pas d’électricité, je me suis éclairé avec une lampe de poche pour faire la suture. Ma plus grande difficulté a été de trouver le matériel nécessaire pour soigner les plaies. Je ne sais pas comment je m’y suis pris, mais j’ai réussi à soigner ce patient. »

Il se souvient de s’être senti mal à l’aise dans certaine situation, mais qu’il a su y faire face parce que la population le traitait avec respect et l’a aidé à surmonter les difficultés. À l’heure actuelle, il se prépare à partir au Brésil dans le cadre du programme de coopération médicale Mais Médicos. À propos de la période où il a travaillé en zone rurale, il affirme: « Je me suis acquitté de mon devoir envers la Révolution et j’ai contribué de mes efforts au bien-être commun ».

Source: Granma International

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