Pour la conservation des écosystèmes de montagne

Des mesures concrètes sont adoptées pour enrayer la perte de biodiversité, voire pour inverser la tendance dans la mesure du possible. Photo: Julio Larramendi

La Havane, 8 juin – La diversité biologique cubaine se distingue par la présence de valeurs patrimoniales d’intérêt national, régional et mondial, avec de forts taux d’endémisme du biota (l’ensemble des organismes vivant dans une aire géographique et qui ont une histoire commune d’événements évolutifs qui se sont produits dans la zone en question) et une haute représentativité écologique et du paysage, qui en font la plus grande richesse des Antilles.

Il suffit de signaler qu’à l’heure actuelle Cuba compte 34 767 espèces autochtones et 732 introduites. Parmi les groupes à plus fort taux d’endémisme figurent les plantes à fleurs, les mollusques, les insectes, les amphibies et les reptiles.

Il existe aussi une grande variété d’écosystèmes et de paysages terrestres, qui se caractérisent par d’importantes valeurs de biodiversité, depuis les zones semi désertiques jusqu’aux forêts humides et tropicales.

Les principales ressources naturelles biotiques représentent 14% du territoire national et affichent un faible degré de transformation en raison de leur inaccessibilité, comme notamment les massifs montagneux, les marais et les zones humides, qui recèlent les principaux espaces boisés du pays.

Le Système national des aires protégées-SNAP couvre 21,74% de l’archipel cubain dans toutes ses variantes et catégories, et inclut les sept Régions spéciales de développement durable et deux projets qui couvrent les cinq massifs montagneux (Guaniguanico, Guamuhaya, Bamburanao, Nipe-Sagua-Baracoa et Sierra Maestra), la plus grande zones humide de l’espace des Caraïbes, et les deux plus grands systèmes d’Îlots du pays (les archipels Sabana-Camagüey et les Canarreos).

Par ailleurs, Cuba compte six Réserves de la biosphère, deux sites classés au Patrimoine naturel de l’Humanité et six sites Ramsar (zones humides d’importance internationale).

Depuis la 1ère Convention nationale sur le changement climatique, le Système national des aires protégées a été considéré comme une importante mesure d’adaptation pour la préservation de la diversité biologique cubaine.

La croissance soutenue du taux de boisement à partir de 1959, jusqu’à atteindre 31,15% en 2016, et les actions menées dans le but de favoriser l’extension des populations de mangrove qui aujourd’hui couvrent près de 4,8% du territoire national et représentent 26% de la surface forestière à l’échelle nationale se sont avérés des facteurs essentiels pour la réalisation de cet objectif.

Le ministère de la Science, de la Technologie et de l’Environnement (Citma) ainsi que le ministère de l’Agriculture (Minag) développement actuellement le projet Une approche paysagère pour conserver les écosystèmes de montagnes menacés, qui propose un changement de point de vue dans la conservation de la biodiversité et la gestion des aires protégées à Cuba, depuis une perspective de site spécifique à une conception plus complète.

L’approche paysagère est la façon de gérer de manière pratique et intégrale les habitats au niveau des paysages entiers d’une aire géographique hétérogène composée de groupes d’écosystèmes inter-reliés, qu’ils soient naturels ou façonnés par la main de l’homme, ce qui implique l’acceptation de l’être humain et de son système socio-économique comme une composante du paysage.

Une mesure essentielle est l’établissement de couloirs biologiques de montagne qui permettront une restauration de la connectivité écologique grâce à une gestion intégrée de la mosaïque des différentes classes d’utilisation du sol, dans le but de lier les écosystèmes naturels aux activités productives durables pour la protection de la biodiversité biologique et de l’environnement.

L’objectif est donc de poser un jalon dans la manière de conserver la biodiversité à l’échelle paysagère à travers l’imbrication des fragments d’écosystèmes de montagne menacés, en harmonisant les intérêts économiques et conservationnistes.

Ceci dans le but d’atténuer la perte de la biodiversité et d’augmenter la capacité des écosystèmes à générer des biens et des services environnementaux pour améliorer le bien-être social des populations des montagnes.

Ce projet contribue à la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies, notamment de l’Objectif No 15 : La vie terrestre, pour préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité biologique.

Les aires d’intervention sont localisées dans les massifs montagneux de Guaniguanico (Pinar del Rio-Artemisa), Guamuhaya (Villa Clara-Cienfuegos-Sancti Spiritus), Bamburanao (Villa Clara-Sancti Spiritus-Ciego de Avila) et Nipe-Sagua-Baracoa (Holguin-Santiago de Cuba-Guantanamo), qui occupent 13% du territoire national dans neuf provinces et 27 municipalités, qui concentrent 8% de la population totale du pays.

Elles comportent aussi six bassins hydrographiques d’intérêt national, 25% des zones boisées naturelles et les principales zones de conservation écopaysagères.

Ce projet est mené par l’Institut d’écologie et de systématique de l’agence pour le développement du Citma, avec un financement du Fonds pour l’environnement mondial et du Programme des Nations Unies pour le développement.

D’autres entités des ministères de la Science, de la Technologie et de l’Environnement, de l’Agriculture, et de l’Enseignement supérieur y participent, de même que le Corps de gardes forestiers du ministère de l’Intérieur, notamment.

Sa mise en œuvre non seulement témoigne de la volonté du gouvernement de continuer à promouvoir des niveaux de vie plus élevés, mais sa volonté politique de contribuer à assurer une gestion efficace et une canalisation des ressources limitées dont dispose le pays vers des secteurs à plus fort impact économique et social.

Auteur: René P. Capote López, Docteur ès sciences biologiques, chercheur et professeur titulaire de l’Institut d’écologie et de systématique. Membre émérite de l’Académie des sciences de Cuba.

Source: Granma International

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