AlaMesa, le site des restaurants à Cuba

AlaMesa renforce l’application offline, l’envoi de bulletins numériques et toute autre alternative qui aident à informer le plus grand nombre de gens possible.

La Havane, 27 mars – Depuis que Cuba s’est ouverte au travail indépendant, voilà un peu plus de 5 ans, aller au restaurant est devenu beaucoup plus facile. Le site internet AleMesa, une plateforme de communication, dont l’idée a été lancée en 2010 à partir du boom de la restauration, nous rend compte d’une bonne partie de cette réussite. Il convient de signaler que dans le cadre de la mise à jour du modèle économique cubain, la gastronomie est aujourd’hui l’un des secteurs les plus dynamiques.

Selon le chargé commercial d’AlaMesa, Ariel Causa, il existait une brèche dans les services de gastronomie (de plus en plus variés), qui demandaient ce type de services. D’où l’idée de créer un outil de communication qui mettrait en relation les uns avec les autres, axé principalement sur le marché cubain.

Bien sûr, rien n’a été improvisé. Plus facile à dire qu’à faire ! AlaMesa a vu le jour après une étude préalable des instruments d’informations semblables dans l’environnement antillais. À l’époque, les informations étaient incomplètes, manquaient d’évaluation et principalement destinées aux personnes vivant à l’étranger, signale Ariel Causa à Granma International.

Cette réalité ne correspondait pas à l’élan que connaissaient les nouveaux modèles d’affaires, des initiatives novatrices apparaissant, que les Cubains ignoraient. Dans ce contexte, AlaMesa est devenu le premier et le plus complet répertoire numérique de restaurants cubains.

Les clés du succès de cette initiative privée ont été nombreuses, cependant, signalons la mise à disposition de contenus aux usagers à travers différentes voies et le fait d’avoir un caractère inclusif. AlaMesa présente sans distinctions aussi bien les restaurants privés (paladars), les coopératives non agricoles, les sociétés que les restaurants d’État.

Concernant la communication visuelle, il s’agit essentiellement d’un outil qui permet de promouvoir tout ce qui concerne la culture culinaire cubaine, les bonnes pratiques, ainsi que toute information en matière de restaurants à Cuba, en direction d’un public cubain, mais aussi de l’étranger. Face à la dispersion des informations existantes, affirme le designer, Yondainer Gutiérrez, nous avons construit une vitrine pour « quiconque cherche où manger dans l’Île ».

LES VOIES POUR UNE COMMUNICATION EFFICACE

Opérant en tant que travailleurs à leur compte, les créateurs d’AlaMesa, ont conçu un site Internet, qui est né d’abord en espagnol, le 20 mai 2011, puis quelques mois plus tard, en anglais, avec un design léger pour faciliter l’accès. Ensuite, l’équipe a mis en place l’envoi d’un bulletin aux abonnés par courrier électronique, la création de profils sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube), et une application pour téléphone portable, aussi bien pour les systèmes opératifs IPhone que pour Android.

L’usage d’Internet n’étant pas encore généralisé, les créateurs d’AlaMesa ont démarché leur premiers clients au porte-à-porte et en renforçant l’application offline, la distribution de bulletins et de toute alternative susceptible d’apporter des informations au plus grand nombre de personnes.

À la fin du mois de février, leurs statistiques révélaient plus de 900 restaurants, bars, pizzerias, glaciers répertoriés, dans 15 provinces du pays ; 30 000 installations de l’application (disponible sur Internet et actualisée tous les 15 jours), 80 000 usagers en ligne et environ 18 000 suiveurs sur les réseaux

« Nous avons constaté que les données n’étaient pas actualisées, qu’elles étaient désordonnées. Nous avons donc décidé de proposer un produit attractif, afin d’offrir aux usagers un instrument utile. De par mon expérience en tant que programmateur dans différents secteurs, je sais que la fonctionnalité est essentielle pour créer un produit », affirme le programmateur d’AlaMesa, Alfonso Ali.

Et de poursuivre : « Dans les premiers courriers, nos usagers nous disaient que l’idée leur plaisait. Indépendamment des informations contenues dans le site, celui-ci leur semblait pratique et agréable d’un point de vue visuel. Aussi passaient-ils plus de temps sur le site et cela nous rendait différents des autres. »

Durant près de 6 ans, sans interruption, AlaMesa a émis un bulletin hebdomadaire qui arrive dans la boîte de ses usagers avec des informations sur de nouveaux restaurants, des expériences culinaires et des offres de travail de restaurants.

Par ailleurs, sur le blog Ajiaco Cubano, ils mettent en ligne des recettes et des informations sur certains lieux. Le site AlaMesa est devenu une option pour des personnes et des institutions spécialistes de la question ; il est connecté à des entités comme l’Association cubaine des communicateurs sociaux (ACCS), l’Entreprise des restaurants de luxe de La Havane, l’Association culinaire de Cuba et le Système de formation professionnelle pour le Tourisme.

Signalons par ailleurs que le site défend l’inclusion sociale, en ne tolérant aucune pratique homophobe, discrimination raciale ou autre dans les restaurants qu’il représente. AlaMesa assure également la promotion d’offres spéciales à des dates festives et à travers le blog Bajo la piel, une publication annuelle, le répertoire réalise une sorte de résumé qui permet à son équipe (de jeunes et moins jeunes) de donner leur avis sur le monde cubain de la cuisine.

La plus grande base de données sur les restaurants de Cuba est non seulement utile, mais agréable à utiliser.

AU SERVICE DE L’USAGER

Né des idées de cinq amis, AlaMesa a permis à chacun d’entre eux de mettre en pratique ses acquis professionnels. Ce petit groupe a grandi jusqu’à employer aujourd’hui une vingtaine de personnes, qui a placé le marketing, le design et la technologie au service de l’usager.

Afin d’ajouter de la valeur au produit pour le renforcer, AlaMesa a su faire la différence grâce à la cohérence des mécanismes que l’usager peut utiliser pour accéder à l’information.

La plus grande base de données sur les restaurants de Cuba est non seulement utile, mais agréable à utiliser. Selon Ariel Causa, les exigences du personnel d’AlaMesa sont très élevées, et il s’impose de travailler avec rigueur et discipline.

Et d’ajouter : « Nous nous préoccupons beaucoup des usagers, si bien que nous leur avons donné la possibilité de modeler ce que nous sommes à travers un échange permanent. On ne peut pas construire un produit efficace si les personnes auxquelles il est destiné ne se sentent pas concernées. Nous avons longtemps discuté de chaque changement et de chaque décision, afin de maintenir des normes de qualité élevées. Nous mettons de la passion dans ce que nous faisons parce que nous sommes responsables d’un produit que les gens utilisent et que nous avons su écouter leurs suggestions, leurs critiques. »

Aussi, AlaMesa continue-t-il à frapper aux portes comme auparavant, ajoute Ariel Causa : « Désormais, les restaurants qui nous appellent en premier sont nombreux, parce qu’ils reconnaissent la portée, la visibilité et l’utilité de notre plateforme. Les propriétaires s’impliquent, car ce sont également des utilisateurs. Ces clients collectionnent les bulletins, que reçoivent actuellement 4 000 usagers et dans lesquels nous informons des cours et des événements liés à l’art culinaire à Cuba. »

Il signale également que l’inscription sur le site AlaMesa est absolument gratuite, tout comme l’accès à toutes les informations et au téléchargement de l’application dans les boutiques en ligne.

À cet égard, l’ingénieur souligne que le travail d’AlaMesa n’est pas centralisé : « Nous faisons en sorte d’avoir des collaborateurs dans chaque province, car il existe des particularités locales que nous ignorons à La Havane et parce que nous recherchons un service personnalisé à nos clients. Le contact face à face est indispensable. C’est le moyen de répondre à toute nécessité, doute ou intérêt des restaurants de façon immédiate et efficace. Nos collaborateurs connaissent les coutumes, les lieux et les gens de leur région. Nous ne sommes pas encore présents ni dans la province de Granma ni dans l’Île de la Jeunesse, mais nous travaillons pour y parvenir », poursuit-il.

Pour Ariel Causa, le fait d’avoir démarré avec 20 restaurants a été une école. Aujourd’hui, il s’approche du millier. Bien que pendant longtemps AlaMesa ne leur permettait pas de survivre économiquement, ils ont consacré au site des efforts presque surhumains. Ils ont construit AlaMesa et le site leur a permis de se construire.

Alina Menéndez, propriétaire du restaurant Hecho en casa et fidèle cliente du site, déclare : «  Alamesa est plus qu’un répertoire numérique pour choisir où aller manger. C’est un porte-parole du changement quotidien qui s’opère dans le pays ; il est authentique et très cubain dans sa rédaction, son design et son discours. Il prend soin du ton, se préoccupe de son image et à travers elle, le pays et ses services de restauration sont en constante amélioration. »

CHANGER EN AVANÇANT

En outre, les créateurs d’AlaMesa soulignent que ces dernières années, ils ont vécu un processus de progrès avec un changement dans la façon de voir le travail à son compte, qui a permis de surmonter de nombreux obstacles. « Beaucoup de choses que nous ne pouvions pas avoir auparavant, se sont concrétisées aujourd’hui. L’évolution de la mise à jour du modèle économique nous a permis de faire chaque jour un peu plus, bien sûr, en respectant les lois en vigueur dans le secteur non étatique. Il y a eu une compréhension au niveau social et gouvernemental des avantages d’un outil comme AlaMesa », explique Ariel Causa.

Alfonso Ali souligne : « Nous avons beaucoup lutté pour héberger le site dans un domaine “point cu“. C’est à partir d’une modification de la législation en octobre 2015, qu’il nous a été possible de le faire (alamesa.nat.cu). »

Quant au travail avec les restaurants d’État, les avancées sont progressives, car cela dépend plus de la mentalité des gens que des lois. Par exemple, Habaguanex S.A. a travaillé avec AlaMesa depuis le début parce « le client a besoin d’être à table pour bien manger ».

L’avocat Jenry Alvarez qualifie d’avantageux le fait de disposer d’un cadre juridique qui leur permet de fonctionner, même si la réalité a dépassé la façon d’envisager le travail indépendant. C’est pourquoi le pays étudie les façons d’améliorer ce mode de gestion dans l’avenir, « où nous pourrions disposer de bien plus d’opportunités ».

Représentant AlaMesa, dont la marque est enregistrée au Bureau de la propriété intellectuelle, Alvarez indique que certaines entreprises sont encore un peu réticentes à négocier avec des travailleurs à leur compte. Or, en plus de payer leurs impôts, le site contribue au développement du pays par la création directe et indirecte d’emplois.

Et de conclure : « Nous commençons à travailler avec des sociétés comme Palmares et Gaviota, afin d’inclure des informations sur leurs restaurants, et nous étudions la façon de collecter les données et de leur fournir nos services de manière efficace pour renforcer nos relations. Bien sûr, c’est quelque chose que nous voulons proposer à toutes les chaînes hôtelières de l’État, ce qui nous obligera à élargir notre portefeuille de produits, qui comprend aujourd’hui, entre autres, des galeries de photos, des espaces de promotion et des publireportages. »

Source: Granma International

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