Une bataille contre la violence de genre et autres maux sociaux

Mariela Castro, directrice du Cenesex, a signalé qu’au cours de ces 30 dernières années, la communauté internationale a réalisé des avancées importantes et obtenu des référents utiles dans la lutte contre la violence de genre, la traite des personnes, la prostitution et le tourisme sexuel. Des réussites qui exigent des idées encore plus efficaces. Photo: Yander Zamora

Mariela Castro, directrice du Cenesex, a signalé qu’au cours de ces 30 dernières années, la communauté internationale a réalisé des avancées importantes et obtenu des référents utiles dans la lutte contre la violence de genre, la traite des personnes, la prostitution et le tourisme sexuel. Des réussites qui exigent des idées encore plus efficaces. Photo: Yander Zamora

La Havane, 14 février – Promouvoir le débat scientifique sur les causes, les implications et les solutions qui peuvent être apportées était l’un des objectifs du 2e Symposium international « Violence de genre, traite des personnes, prostitution et tourisme sexuel », organisé en hommage à la militante hondurienne Berta Caceres.

La rencontre s’est déroulée au Centre international de santé La Pradera, dans l’ouest de La Havane, sous les auspices du Centre national d’éducation sexuelle (Cenesex) et dans le cadre de la Journée internationale de la non-violence à l’égard des femmes et des filles.

Les participants ont observé un instant de recueillement à la mémoire de Berta Caceres, dirigeante de la communauté Lenca et coordinatrice du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), assassinée le 3 mars 2016 sur ordre des transnationales et de l’oligarchie hondurienne.

« Le Symposium a abordé un bon nombre de sujets ayant un impact négatif sur les processus de développement et la situation des droits de l’Homme dans le monde. Ces questions exigent des solutions urgentes de la part de la communauté internationale et le dégagement de consensus théoriques et méthodologiques favorisant la prise de décisions des États et de gouvernements et la mise en œuvre et le suivi de politiques efficaces et transparentes », a signalé la Dr Mariela Castro Espin, directrice du Cenesex.

« La plupart des gouvernements ne sont pas parvenus à instaurer des mécanismes efficaces pour changer les comportements et s’attaquer à ces maux sociaux, car de toute évidence il leur faudrait remettre en cause l’ordre patriarcal et renverser le processus de reproduction du capital », a-t-elle indiqué.

Elle a ajouté qu’il ne faut pas oublier que la majorité des victimes de la traite d’êtres humains sont des femmes, des filles et des enfants en situation de pauvreté et que, globalement, le sens de ce trafic se fait des pays pauvres vers les pays riches.

La Dr Mariela Castro a rappelé qu’au 2e Congrès sur la traite et le trafic de personnes, qui s’est tenu au Mexique en 2010, la directrice de la coalition régionale contre le trafic de femmes et d’enfants en Amérique latine et dans la Caraïbe, Teresa Ulloa, avait souligné que chaque année environ 100 000 femmes en provenance de pays d’Amérique latine sont acheminées vers d’autres pays attirées par des mensonges et de fausses promesses d’emploi.

« Nous ne disposons pas de chiffres officiels, ni d’études statistiques ou de rapports permettant de mesurer l’ampleur réelle du phénomène de la traite des personnes. Ce floue, ajouté au vide juridique et au manque de réponses politiques qui prévaut dans le nombreux pays, a favorisé une poussée du phénomène, au point que la traite des êtres humains constitue aujourd’hui le troisième trafic le plus lucratif au monde après les armes et la drogue », a souligné la Dr Mariela Castro.

Elle a signalé que les Nations Unies, et en particulier son ancien Secrétaire général Ban Ki-moon, a impulsé des campagnes destinées à freiner la violence à l’égard des femmes et des fillettes, et que des actions multilatérales sont menées pour lutter contre la traite de personnes et le tourisme sexuel.

Elle a exhorté à trouver des réponses scientifiques aux graves problèmes qui persistent et entraînent des violations des droits de l’Homme et constituent aujourd’hui un défi majeur. Plus loin, elle a appelé à partager les résultats des recherches et les bonnes pratiques.

À propos des expériences menées dans son pays, Marcia Ramirez Mercado, ministre de la Famille, de l’Adolescence et de l’Enfance du Nicaragua, a déclaré : « Notre objectif essentiel consiste à faire justice en nous centrant sur les êtres humains. »

« Au Nicaragua, les femmes représentent 50% des élus : à l’Assemblée nationale, dans les mairies, les gouvernements municipaux, dans les ministères et la cour suprême de justice », a signalé la ministre.

Elle a indiqué que des efforts énormes ont été réalisés sur le thème de la promotion et de la prévention, le renforcement des moyens de soutien et le travail conjoint avec différentes instances du gouvernement, la famille et les structures du parti.

« Il est très important d’apprendre et d’agir afin de progresser. Tout ce que nous pourrons savoir de certaines pratiques et les efforts d’autres pays sera bienvenu pour l’adapter au contexte nicaraguayen et aller de l’avant. Le défi est là : aller de l’avant », a-t-elle affirmé.

Et de poursuivre : « Mon pays considère comme emblématiques des programmes comme Éduque ton enfant (programme cubain, en dehors des jardins d’enfants, qui offre des alternatives d’éducation pour les enfants de zéro à 6 ans). Cette méthode permet de prévenir la violence, en enseignant aux enfants un modèle différent de relation depuis le berceau. Au Nicaragua, nous l’avons adapté sous le nom de De l’amour pour les plus petits ».

Quant à la directrice du Cenesex, elle a déclaré : « Nous sommes conscients qu’il existe encore des contradictions sur les points de vue et les conceptions, ainsi que dans les positionnements idéologiques, qui sous-tendent les politiques de prise en charge de ces problématiques. Cependant, au cours de ces 30 dernières années, la communauté internationale a accompli des progrès importants et fourni des précédents utiles à l’action. »

« Nous avons encore des défis à relever. Nous ne sommes pas satisfaits des avancées réalisées dans notre pays. C’est pourquoi le Cenesex, en tant que centre de coordination et de conseil concernant les actions du Programme national de Santé et d’Éducation sexuelle, considère qu’il est de sa responsabilité de faciliter ce type de rencontres pour continuer à produire des idées beaucoup plus efficaces dans la prise en charge de ces maux, qui sont étroitement liés entre eux », a conclu Mariela Castro.

Source: Granma International

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