La météorologie à Cuba, un service optimum

L’Institut de météorologie de Cuba emploie 1 390 personnes. 76,2%, dont 31 docteurs et 128 masters en sciences qui se consacrent à des travaux de recherche. Photo: Alberto Borrego

L’Institut de météorologie de Cuba emploie 1 390 personnes. 76,2%, dont 31 docteurs et 128 masters en sciences qui se consacrent à des travaux de recherche. Photo: Alberto Borrego

La Havane, 17 février – L’Institut national de météorologie (INSMET) a une influence décisive sur le développement socio-économique du pays, car il fournit des informations météorologiques et climatiques précises et fiables, à partir d’une alerte précoce, et permet d’éviter la perte de vies humaines et de réduire les dommages matériels causés par les catastrophes naturelles.

Créé le 12 octobre 1965, et placé sous la juridiction de l’Agence de l’environnement, l’INSMET se trouve sur la colline de Casablanca, dominant la baie de La Havane, où depuis 1908 était situé l’Observatoire national.

Cette institution scientifique est chargée d’élaborer les prévisions du temps, surveiller la pollution de l’atmosphère, étudier le rayonnement solaire, les saisons d’extrême sécheresse, les pluies et les orages, et notamment les ouragans qui touchent régulièrement la mer des Caraïbes.

Pour ce faire, l’institut dispose de 68 stations d’enregistrement et de vérification des données et un réseau composé de huit radars (3 japonais, 4 soviétiques et un allemand) entièrement automatisés et fonctionnant à plein rendement, grâce au savoir-faire des spécialistes cubains.

Grâce à ce système national, les observations réalisées dans chaque territoire parviennent au siège de Casablanca et aux centres provinciaux avec rapidité, précision et ponctualité, ce qui permet de faire des prévisions à court et moyen terme.

L’INSMET est consacré essentiellement à la recherche et aux services, à savoir mesurer, collecter et traiter les variables du climat et de la pollution atmosphérique, exploiter les systèmes de surveillance, procéder à des recherches scientifiques visant à améliorer les prévisions météorologiques et climatiques, en particulier celles des phénomènes qui représentent un danger pour la vie humaine, les ressources matérielles et l’économie nationale.

Le champ de la recherche regroupe quatre centres nationaux : Climat, Agrométéorologie, Physique de l’atmosphère et Pollution atmosphérique, alors que celle des services comprend les systèmes de base : Prévisions, Météorologie maritime, Attention au réseau des stations, Infocommunication et Radars.

Ce dernier service, dirigé par la master en technologie avancée, Magdiel Carrasco Diaz, est chargé de délivrer les différents rapports de la météo et d’autres services destinés à l’agriculture, la marine, l’aérospatiale, et autres.

Citons également le cas du ministère de l’Intérieur qui demande des rapports lors de la survenue d’un accident de la route pour mesurer l’impact des conditions météorologiques.

Magdiel Carrasco Diaz a ajouté que la Zone spéciale de développement de Mariel a recours à l’Institut de météorologie pour des services de prévisions des conditions maritimes portuaires pour le chargement et le déchargement des marchandises. « Nous assurons aussi l’étalonnage des instruments météorologiques, principalement ceux qui enregistrent la température, la pression et l’humidité de l’atmosphère », ajoute-t-il.

Pour assurer sa mission, l’Institut a établi des accords avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et d’autres institutions homologues qui fournissent des conseils, des informations et des échanges de technologie. « Nous avons des liens étroits avec le Centre régional des ouragans, situé aux États-Unis », a déclaré le directeur.

À plusieurs reprises, les spécialistes étasuniens ont visité l’Institut météorologique de Cuba et ont participé aux événements scientifiques qu’il organisait, tandis que les spécialistes de l’île ont reçu une formation professionnelle au siège du Centre national des ouragans (NHC) à Miami, et participé à des congrès aux États-Unis.

Cependant, le blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba, en vigueur depuis plus de 50 ans, empêche l’acquisition des pièces de rechange et des équipements sur le marché étasunien, lesquels permettraient de moderniser les stations météorologiques et d’avoir accès à des technologies de pointe pour la réception d’images satellitaires.

À ce sujet, Carrasco Diaz signale que le Centre reçoit de l’aide de l’UNESCO et qu’il a signé des accords avec le Panama, la Norvège, la Chine et la Russie. « De la même façon, nous avons travaillé en coopération avec Haïti pour l’installation d’une station météorologique automatisée, et avec la Guinée équatoriale pour renforcer son système climatologique. »

La scientifique a plaisir à se souvenir des visites de Fidel à l’INSMET lors du passage des ouragans, « J’ai eu la chance de l’avoir près de moi à plus de quatre reprises. Il s’occupait même des conditions de travail de l’équipe. Il nous transmettait de l’énergie positive. Dans ces moments critiques, nous travaillions 24 heures sur 24, mais dès l’annonce de la présence de Fidel, la fatigue disparaissait. Sa main sur notre épaule et ses questions opportunes nous redonnaient de la vitalité. »

VIGILANTS ET EN ALERTE

La docteur en sciences Lourdes Alvarez Escudero, professeure et chercheuse, a cité à Granma international les différentes formations qu’elle a suivies au Mexique, Équateur et en Norvège. Elle a participé à des projets communs avec le Canada, le Brésil et la Chine, tout en travaillant avec le Venezuela sur la question de la provocation de la pluie artificielle.

Elle se considère comme une fille de l’INSMET. Son père, physicien de profession, a travaillé dans cet établissement dans les années 70 jusqu’à sa retraite. Enfant, elle connaissait tellement les lieux que lui est venue la vocation d’étudier la physique. Après avoir écrit son mémoire de fin d’étude sur la météorologie, elle a débuté sa vie professionnelle dans le centre.

« Je travaille en tant que chercheuse au Centre national de Physique de l’atmosphère, et j’ai étudié la climatologie des phénomènes météorologiques, tels que les tempêtes et les brouillards », nous dit-elle.

Parmi ses travaux scientifiques, elle a notamment élaboré une carte de la moyenne annuelle des journées d’orage, qui est largement utilisée pour la protection contre la foudre.

Son époux, Israël Borrego Montejo, licencié en physique, a vécu les changements de technologie visant à moderniser l’INSMET. Il se souvient du temps où ils travaillaient avec l’un des premiers ordinateurs soviétiques, d’une taille énorme et d’une capacité de mémoire très faible, envoyé à Cuba pour le traitement des données numériques.

« Puis en 1985, sont arrivés les premiers ordinateurs de bureau, qui ont été installés en réseau en 1987, ce qui nous a permis de sauvegarder les informations, avant de désactiver l’ordinateur soviétique. Ensuite, dans les années 90, le système a été complètement numérisé et automatisé », explique Israel, qui travaille à l’INSMET depuis 1983.

L’ingénieur Orlando Osa Peralo, qui opère les stations automatiques de météorologie, explique qu’il a la responsabilité, avec deux autres spécialistes, de collecter les données des différents instruments numériques de mesure de pression, d’humidité, de température et autres paramètres afin d’élaborer une carte historiographique, contenant les valeurs moyennes, minimales et maximales dans un échantillon de 10 minutes et avec un rapport toutes les 3 heures.

Pour lui, l’utilisation de la technologie automatisée a été décisive quant à la véracité, l’exactitude et l’immédiateté de l’information, ce qui répond aux exigences de l’OMM. « Nous nous situons pratiquement au niveau des pays développés. Nous ne disposons pas des mêmes ressources, mais sans aucun doute du talent scientifique qui résout bien des difficultés », affirme-t-il.

Maibys Sierra Lorenzo, master en Sciences mathématiques, travaille au Centre national de Physique de l’atmosphère à l’élaboration d’un système qui permettra la prévision numérique des phénomènes locaux, à petite échelle, comme les tempêtes.

La jeune scientifique se sent complètement épanouie au sein de l’Institut. Dans son travail, elle doit appliquer la science, faire des recherches, se former professionnellement et assurer des cours à l’Université de La Havane. « Les études sont une priorité. Depuis que j’ai débuté en 2008, j’ai eu l’opportunité de me former en Inde et au Brésil. J’ai terminé ma maîtrise en 2011 et je me suis inscrite en doctorat en 2013. Je dois défendre ma thèse en juillet et je me prépare déjà pour un post-doctorat… », précise-t-elle, en ajoutant que son avenir, elle le voit « au sein de l’Institut ».

À l’occasion du 50e anniversaire de sa création, l’INSMET a reçu un message de félicitations du président Raul Castro, qui signalait: « Face aux défis climatiques actuels et futurs, continuez d’aller de l’avant, tout en restant dévoués et alertes ».

Source: Granma International

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