La science mondiale vers l’année 2030; des expectatives et des conflits

onu-oddLa communauté internationale de nations vient d’approuver, au moins du point de vue conceptuel, la route à suivre dans le développement mondial d’ici à l’an 2030, concrétisée dans ce que l’on a appelé les Objectifs de Développement Durable (ODD) d’ici à 2030.

Le Rapport du Secrétaire Général des Nations Unies sur le suivi des résultats du Sommet du Millénaire de l’an 2000, dans lequel a été présentée formellement la proposition pour l’adoption des nouveaux ODD par l’Assemblée Générale, porte un titre qui révèle la portée et les buts plausibles qui animent la nouvelle projection : « Le chemin vers la dignité d’ici 2030 : mettre fin à la pauvreté et transformer les vies tout en protégeant la planète ».

Du point de vue formel, la nouvelle projection tente de s’inscrire dans la continuité tout en adaptant son profil et sa portée à la phase finalisée dans l’année 2015 dans l’atteinte (plus ou moins réussie) de ceux  qu’au début de siècle ont été proclamés comme le « Objectifs de Développement du Millénaire ».

A cette occasion l’emphase est mise sur l’ampleur de la durabilité dans la formulation de buts à obtenir, de façon à admettre que la croissance économique en soi ne sera pas la solution si elle n’est pas encadrée par des limites rationnelles d’exploitation des ressources naturelles, notamment les ressources renouvelables ainsi que de la préservation de la qualité de l’environnement de façon à faire possible la permanence de la vie dans la planète.

Parmi les objectifs proposés, succinctement exprimés, se trouvent : mettre fin à la pauvreté et à la faim, garantir la santé et le bien-être généraux, garantir l’éducation pour tous, parvenir à l’égalité de genres et protéger, gérer et rendre accessibles à tous les ressources vitales telles l’eau, l’énergie et les ressources marines.

C’est un objectif de première importance parvenir à l’établissement des modèles de consommation et de production durables. De même que d’entreprendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique et ses effets. Non moins important devient l’objectif de protéger, rétablir, et favoriser l’utilisation durable d’écosystèmes terrestres, ainsi que la promotion des sociétés pacifiques, équitables et intégrateurs pour le développement  durable.

En mettant à l’examen ces nouveaux ODD, saute aux jeux la nécessité d’encourager de manière cohérente la science, la technologie et l‘innovation qui permettront de les concrétiser. Il est évident, d’ailleurs qu’il existe un ensemble de questions ouvertes qui demandent une recherche dynamique de nouvelles solutions sur une base scientifique pour pouvoir les assumer avec succès.

D’après la Directrice Générale de l’UNESCO, « à la suite de la récente adoption des ODD pour la période 2015-2030 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Rapport sur la Science de l’UNESCO met en évidence que la recherche est un facteur d’accélération du développement économique et en même temps, un élément clé dans la construction des sociétés plus durables et susceptibles de préserver plus convenablement les ressources naturelles de la planète ». Ce rapport est élaboré et émis tous les cinq ans et sa version la plus récente vient de paraître à Paris.

Il n’y a pas de doute que la haute fonctionnaire a raison dans ses propos. Néanmoins, lorsqu’il s’agit d’approfondir dans la manière dans laquelle le potentiel de la science peut être mis à profit en faveur de ces nobles objectifs, on se heurte non pas seulement avec des promesses de potentiels mais aussi avec d’importants conflits dont la solution ne peut pas dépendre le succès final.

L’un de ces conflits est en relation avec l’accès à la connaissance scientifique. Déjà dans la Déclaration Finale de la Conférence Mondiale sur la Science de 1999 il s’est avéré que « ce qui différencie les pauvres des riches (soient des personnes ou des pays) n’est pas uniquement la possession d’une moindre quantité de biens, mais que la plupart d’entre eux est exclue de  la création et les bénéfices du savoir scientifique ».

Dans le contexte actuel, l’investissement public dans le soutien des recherches d’intérêt général et prospection devient sans doute uns question cruciale. Un groupe select de scientifiques, représentatifs des plus importantes organisations scientifiques internationales, l’a mis en relief de la façon la plus catégorique.

D’après lesdits experts, le rôle fondamental de la recherche financée par des fonds publics est de contribuer à l’ensemble des connaissances et capacités de compréhension qui devient essentielles pour le discernement humain, pour l’innovation et pour le bien-être social et individuel. Les technologies et les processus de la révolution numérique, signalent-ils également dans leur rapport, apportent un instrument puissant capable de renforcer la productivité et la créativité scientifiques tout en faisant possible que les données et les idées circulent de manière ouverte, rapide et pénétrante à travers  l’interaction en réseau des plusieurs esprits.

Il faudrait, en dépit de cela, faire des pas solides pour rendre effective cette lumineuse possibilité. Pour mener de l’avant cette révolution sociale dans la science il est indispensable que la science assume une position fondamentale, du fait que les données obtenues par l’utilisation des fonds publics puissent être accessibles et réutilisables de manière publique aussi, une fois complété le projet de recherche grâce auquel ils aient été obtenus.

Selon ledit Rapport de l’Unesco. La Dépense Intérieure Brute en recherche et Développement (I+D) à échelle globale a augmenté de 31% depuis 2007 (plus que l’ensemble des PIB des pays dans le monde qu’a augmenté de 20%). Cette augmentation se doit pour la plupart aux investissements dans le secteur privé, qui ont compensé  la suspension ou les coupures réalisées par le secteur public dans d’importants pays industrialisés. Pas besoin d’une méfiance extrême pour mettre en doute l’accessibilité des pays pauvres et arriérés à la connaissance et les technologies résultant des recherches financées par des sources privées.

Cependant, à la lumière du niveau atteint par la science et la technologie, se sont ouvertes pour l’humanité, et notamment pour les scientifiques eux-mêmes, de remarquables possibilités jamais vues auparavant en matière d’interaction et de coopération. Dans le projet d’accord des organisations scientifiques mondiales mis à considération, ces possibilités atteignent un relief tout spécial dans l’aménagement et le processus d’information.

La révolution numérique survenue lors des dernières décennies, affirment-ils, est un évènement historique d’une ampleur aussi grande que l’invention de l’imprimerie. Cela a permis l’explosion sans précèdent de la capacité d’acquérir, stocker, gérer et transmettre de manière instantanée des flux des donnés considérables et complexes, avec des implications profondes pour la science- et de surcroît- pour son utilisation partagée.

Cette capacité énormément multipliée de transformer et d’interpréter des données  devra être concrétisée dans des réalisations scientifiques qui n’étaient pas possibles auparavant. Parmi les nouvelles possibilités qui se sont ouvertes on peut citer la découverte de l’existence des modèles et des régularités dans les processus et les phénomènes naturelles qui étaient hors de notre portée. Il devient  aussi possible  d’établir l’existence d’une corrélation entre les différents aspects  des systèmes naturels afin de mieux comprendre leurs fonctionnements ainsi que, à travers la répétition intentionnelle des descriptions et des simulations, faire des pronostics de leur comportement.

Les domaines de recherche sur lesquels on envisage l’utilisation de dits outils sont nombreux et de grande importance : la modélisation et le pronostic du climat et du temps, la manière dans quelle fonctionne le cerveau ; le comportement de l’économie globale ; l’évaluation de la productivité agricole, les projections démographiques, l’éclaircissement des évènements historiques.

L’utilisation de ces instruments d’analyse et d’interprétation ont une importante aussi dans plusieurs défis globaux contemporains tels que ceux liés aux changements environnementaux, aux maladies infectieuses et aux mouvements migratoires de masse, tous des domaines où l’on a besoin d’appliquer des approches et des données combinées en provenance de plusieurs disciplines.

L’utilisation d’un nombre si important d’instruments au service de la connaissance de même que l’application effective de ces acquis, demandent des conditions bien définies, dont la principale est de compter avec un potentiel en ressources humaines qualifié et capable de renouveler systématiquement les connaissances.

C’est ainsi qu’a été mis en relief par le Groupe de haut niveau de personnalités éminentes pour l’agenda pour le développement post-2015, organisé par le Secrétaire General des Nations Unies lors de la période préparatoire 2012-2013 et dont a fait partie une femme scientifique cubaine. Le Groupe a largement expliqué sur cet aspect dans le  Rapport Final.

Et je cite « ce qui compte n’est pas seulement de disposer de la technologie, mais savoir comment s’en servir et de manière locale. Cela demande des universités, des instituts de formation professionnelle, des écoles d’administration publique et des travailleurs bien formés et qualifiés dans tous les pays ».

Revenant sur le Rapport de l’UNESCO, une bonne nouvelle est que le nombre de chercheurs  scientifiques aujourd’hui est de 7,8 millions dans toute la planète, ce qui suppose une augmentation de 20% par rapport au chiffre de 2007. Pour la plupart ils sont concentrés dans l’Union Européenne, pour un total de 22% de l’effectif consacré à la recherche dans le monde, suivi par la Chine (19%) et les Etats Unis (16,7%). Cependant, selon les auteurs du Rapport, l’élaboration des politiques nationales fructueuses en matière de science et d’innovation est une entreprise forte difficile, car il faut intervenir dans plusieurs domaines en même temps, à savoir : l’éducation, la recherche fondamentale, le développement technologique et l’investissement du secteur privé en I+D.  D’ailleurs la difficulté de cette tâche est encore plus grande en raison de  l’épuisement des budgets publics, provoqués par la crise de 2008 dans beaucoup des pays industrialisés.

Notre pays  qui s’achemine décidemment vers l’obtention de l’objectif de construire un socialisme prospère et durable, devra prendre bien en compte les facettes et tendances présentes dans le progrès scientifique actuel et sa mise en application pour le développement durable.

Pour ce faire nous partons avec un énorme avantage, à savoir le résultat d’un demi-siècle de volonté politique, appliquée de façon cohérente, dans le domaine de la science et son utilisation en tant qu’instrument de transformation et de progrès social et humain.

Cela devient l’un des principaux  acquis historiques de la Révolution Cubaine en même temps qu’une expression particulière de la vision de son leader historique, le Commandant Fidel Castro Ruz.

La tâche menée à Cuba dans la transformation des ressources humaines est sans aucun doute l’un de ses actifs les plus importants, sujet de large reconnaissance internationale. Le Rapport Unesco met en relief le prestige du pays dans cette fonction lorsqu’il consigne que « Cuba est une destination populaire pour les étudiants de l’Amérique Latine ».

Dans le pays on mène a bien plusieurs programmes scientifiques qui sont en rapport avec les objectifs contenus dans les ODD : Il suffit de citer à manière d’exemple ceux liés à la production d’aliments, les soins de santé, l’efficacité énergétique et les sources renouvelables, la diversité biologique et le lien entre météorologie et développement durable entre autres.

Surmonter les défis visés d’ici à 2030 suppose un sérieux engagement pour les hommes de science cubains et aussi pour les responsables d’organiser, soutenir et bénéficier de leur activité. L’œuvre de la Révolution de créer une considérable richesse en termes de capital humaine devra être le garant de succès dans les défis à relever dans l’avenir. Luttons tous pour que cela devienne possible.

Source: Cubarte

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