Ozzy Osbourne : « Si ce n’était pas pour The Beatles, je ne serais pas ici »

parque John Lennon

Ozzy Osbourne au parc John Lennon de La Havane Photo: Yander Zamora

La Havane, 13 janvier – Ozzy Osbourne est arrivé dans une vieille voiture au parc John Lennon de La Havane. Il porte une veste bleue, un pull noir, un pantalon noir, les cheveux au-dessous des épaules, son célèbre crucifix sur la poitrine et une grosse bague à la main gauche. Il s’arrête en face de la statue du membre des Beatles et dit quelque chose à voix basse. Ozzy est accompagné de son fils, Jack Osbourne, et d’une équipe de la maison de production de la télévision History Channel, qui filme chaque mouvement de l’historique chanteur de Black Sabbath.

Les origines de ce rituel sont enfouies dans l’enfance d’Ozzy. Le musicien, qui a vécu son enfance dans les griffes les plus féroces de la pauvreté dans l’Angleterre profonde, a vu comment sa vie a changé grâce à deux disques The Beatles qui sont tombés entre ses mains quand tous les pronostiques pointaient qu’il serait un adolescent avec un avenir très noir. On sait qu’il n’a jamais pu se débarrasser de sa dépendance par l’obscur, mais son obsession avec The Beatles  l’a même amené à former son premier groupe avec le talentueux guitariste Tony Lommi. Au début, ils se sont dédiés aux blues, mais ensuite ils sont entrés dans l’univers de la magie noire, de l’occultisme et de l’univers symbolique de la désolation humaine. C’est ainsi qu’est né Black Sabbath et, aussi, qu’est né le heavy metal  comme genre et philosophie.

Le Ozzy de 2016 sait qu’il est un survivant. Il sait qu’il a mis de l’ordre dans le chaos, il sait qu’il a gagné sa légende dans les derniers rounds et il connaît, aussi, sa grande influence dans le monde du rock and roll.

Le chanteur a d’autres plans pour l’après-midi. Après se souvenir à John Lennon, il se dirige vers El Submarino Amarillo (Le Sous-marin Jaune). Il marche à pas lents, enveloppé dans une extrême tranquillité, loin du personnage sauvage et sombre qu’il interprète sur scène.

Dans le Submarino Amarillo, il regarde avec intérêt les images allégoriques The Beatles, il lit les textes de leurs chansons imprimés sur les murs, il s’assoit à une table devant la scène et son fils, Jack, accepte deux boissons sans alcool, pour lui et son père. Sur la scène, le reconnu guitariste cubain Luis Manuel Molina lui dédit un petit hommage : trois morceaux qu’Ozzy a inclus dans son répertoire, Changes, Dee et Mr.Crowley, impeccablement interprétés par Luis Manuel Molina.

Le musicien britannique, surpris, remercie le guitariste avant de s’engager dans un dialogue avec l’auteur de cet article et trois historiques journalistes et spécialistes du rock : Guille Vilar, Juan Camacho et Joaquín Borges Triana.

« Si ce n’était pas pour The Beatles, je ne serais pas ici aujourd’hui. Je viens d’une famille très pauvre et quand j’étais jeune ils m’ont empoigné le cœur. Quand je les ai entendu pour la première fois, c’était comme si tous mes rêves apparaissaient devant moi. Simplement, ils ont capturé mon âme et quand j’ai fait connaissance de Paul Mc Cartney ce fut comme si j’avais rencontré Dieu », m’a dit Ozzy en commençant la rencontre enregistrée par l’équipe d’History Channel.

Je lui demande ses impressions sur sa visite de la statue de John Lennon et il m’avoue qu’il ne se sent pas à l’aise dans ce genre de « mémorial ». « J’ai rencontré Ringo, Paul, mais, malheureusement, je n’ai jamais rencontré John ». Je deviens triste quand je vois son image dans n’importe quel mémorial car son assassinat a été un acte très lâche. L’assassinat d’un homme qui a donné tant de plaisir à tant de gens à travers sa musique est très triste ».

En 2001,  il a publié Dreamer, un thème assez énigmatique dans son répertoire. Il m’explique que  la chanson est née sous l’inspiration The Beatles. « Je suis tellement fan The Beatles, qu’inconsciemment, j’ai fais une mélodie très similaire aux Beatles. Je n’essayais pas de faire une chanson comme Imagine, mais je suis très préoccupé pour la Terre, les endroits, les personnes, la violence et les guerres. Ce serait très bien si nous pourrions tous êtres bien, nous aurions un monde beaucoup mieux ».

Black Sabbath fera ses adieux des scènes après sa dernière tournée mondiale qui termine à la fin du mois de janvier. Pour sa nouvelle étape en solitaire il pense à créer un nouveau groupe, mais n’a pas encore défini qui seront les musiciens. « Mes plans sont de faire la tournée avec Black Sabbath, ensuite je vais prendre une courte pause et écrire quelques nouvelles choses. Jusqu’à présent je ne sais pas encore qui sera dans le groupe. Je ne sais pas si le groupe que j’ai pour maintenant sera celui que j’aurai dans un an ».

L’histoire de Black Sabbath avec Ozzy comme frontman résume une grande partie du heavy metal. Le musicien, âgé de 67 ans, assure que le groupe a fonctionné parce qu’il y a un climat d’amitié entre ses musiciens. « Nous sommes tous amis, nous nous entendons bien. Selon la façon que je le vois, ma seule raison est de respecter les gens qui paient pour nous voir. Je suis suffisamment vieux et plus sage maintenant de ce que je voulais être et je ne pense pas qu’il soit juste d’avoir un argument centré sur la scène. Il est regrettable de voir comment les gens deviennent avares, fous et comment ils se divisent. Dans la plupart des groupes avec lesquels j’ai été, c’est ce qui a gâté le résultat final du travail, qui est la musique».

Ozzy, dont nous avons des hymnes tels que See you in the other side et Just I want you, parle aussi des guitaristes qui ont fait partie du groupe. « Quand je fais une audition pour un nouveau guitariste, je leur envoie une chanson de mon groupe et je le fais jouer devant moi. La façon dont je le vois, si je suis devant et mon groupe derrière, je n’ai rien à dire, c’est un groupe génial pour moi. Mais parfois les gens veulent exagérer et je suis le chef d’une machine qui produit de la musique et si cette équipe n’est pas axée sur le public, cela n’énerve et me dérange. »

La raison de son voyage à Cuba est l’enregistrement du huitième chapitre d’un programme d’History Channel intitulé « The world tour », dans lequel Ozzy raconte ses impressions sur le pays visité. « C’est ma première fois à Cuba et c’est fantastique. On se sent en sécurité ici, c’est vraiment super, si j’aurais su je serais venu avant. Nous sommes vraiment très bien ici ». Comme si cela n’était pas suffisant, il répond avec un grand sourire quand on l’interroge sur la possibilité d’un concert à Cuba : « Je veux venir vivre à Cuba, non seulement jouer ici », dit-il avant de dire au revoir et de saluer les metaleros (fans du heavy metal), qui arrivent au Submarino pour voir de leurs propres yeux  une des grandes légendes de l’histoire du rock.

Source: Cubarte

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