Changement climatique : la course contre la montre

cambio_climaticoIl existe une possibilité d’éviter la catastrophe annoncée sur le terrain du changement climatique. Mais la fenêtre d’opportunités d’y parvenir s’évanouit rapidement. La conférence sur le changement climatique à Paris dans six semaines sera certainement un tournant dans cette course contre la montre. Depuis des années, l’objectif en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES) est de stabiliser la concentration atmosphérique au niveau de 450 parties par million (ppm). Cet objectif exige la réduction des émissions de GES de 80 % d’ici 2050, ce qui ce qui permettrait de garantir que le changement de la température mondiale n’excède pas les 2° Celsius.

Dans l’état actuel des choses, il semble très difficile d’atteindre l’objectif des 450 ppm. Pour ce faire, les pays riches auraient dû déjà avoir réduit considérablement leurs émissions et d’ici 2025, qui est très proche, les émissions de gaz à effet de serre de tous les pays, riches et pauvres, devraient être en baisse. Il y a une possibilité d’atteindre cet objectif, mais cet espoir risque de partir en fumée.

La 21e Conférence des parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) se tiendra à Paris dans six semaines. L’instrument de base pour les négociations de la Cop21 (Conférence sur le climat à Paris), qui a déjà été publié (le 5 octobre), est marqué par de graves problèmes. C’est un document de 20 pages, dont dépend littéralement l’avenir de l’Humanité.

Comme on le sait, dans le cadre des négociations à venir à la Cop21, chaque pays est appelé à présenter ses engagements nationaux, déterminés en toute indépendance (connus comme INDCs pour leurs sigles en anglais). Ces engagements sont la réponse à la question suivante: Qui détermine les réductions d’émissions applicables à chaque pays ? Étant donné que les négociations sur les réductions et les plafonds d’émission sont dans l’impasse depuis des années (pour être exact, depuis peu avant la Cop, il y a six ans à Copenhague), on a pensé qu’il serait préférable de laisser la liberté absolue à chaque pays d’établir ses objectifs nationaux.

Aujourd’hui, nous disposons des engagements nationaux qui ont été remis de façon volontaire, au secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC). Le résultat est vraiment décevant. Plusieurs économistes ont effectué des calculs : la somme de tous ces objectifs nationaux correspond à seulement 44 gigatonnes d’équivalent CO2, alors qu’il faudrait une réduction de 55 gigatonnes d’ici 2050, pour nous maintenir sur la voie du changement climatique des 2° Celsius.

Espérons que d’ici l’ouverture de la Cop21 à Paris, plusieurs pays auront modifié leurs engagements afin de pouvoir atteindre cet objectif. Par ailleurs, le document de négociation a un défaut : il ne contient pas le mécanisme garantissant que chaque pays respecte les objectifs qu’il a lui-même choisi.

En réalité, il existe peu d’espoir de stabiliser la concentration de gaz à effet de serre à 450 ppm. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre ne doivent pas dépasser le niveau absolu situé entre 800 et 1 000 gigatonnes de CO2 : dès 1880, elles étaient déjà de 535 gigatonnes. Sur le reste, environ 250 gigatonnes sont déjà engagées, en raison des investissements déjà réalisés en infrastructures liées à l’industrie des combustibles fossiles sous toutes ses formes. Les entreprises qui ont réalisé ces investissements voudront les amortir et pour cela, elles feront tout leur possible pour continuer à exploiter leurs installations en émettant des gigatonnes de CO2. Autrement dit, nous sommes piégés sur un chemin qui nous conduit à un scénario de surprises réellement désastreuses en matière de changement climatique.

Sur le plan financier, il existe des forces qui tendent à nous maintenir prisonniers de cette voie. Aujourd’hui, les 200 principales industries liées à l’industrie des combustibles fossiles ont une valeur marchande d’environ 4 000 milliards de dollars, dont une bonne partie de ce montant correspond à la valeur de leurs réserves.

Dans le cas où l’on parviendrait à un accord fort lors de la Cop21, avec un engagement clair pour réduire les émissions, la valeur de ces réserves devrait souffrir une forte révision à la baisse, peut-être jusqu’à 60 %. Or, les liens entre l’industrie des combustibles fossiles et le monde financier étant très forts, cela entraînerait en même temps de sérieuses conséquences. Par exemple, on estime que les fonds de pension et les comptes de retraite individuels aux États-Unis possèdent 47 % des actions des sociétés pétrolières et de gaz naturel.

De toute évidence, du côté du secteur financier, il existe aussi une résistance au changement de profil énergétique de l’économie mondiale. Seule la pression des peuples de tous les pays peut contrecarrer ces forces. Peut-être est-il encore temps, au-delà de ce qui va se passer à la Cop21.

Source: Granma International

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